Suivis scientifiques 

Les inventaires, missions et suivis scientifiques permettent d’améliorer les connaissances sur les espèces et milieux présents sur l’île. Déterminer les espèces et les milieux les plus sensibles, suivre leur évolution, identifier les mesures réglementaires ou actions à mettre en place et vérifier l’efficacité des mesures prises, fait partie des objectifs de ces suivis. 


Suivi des espèces terrestres 

Un inventaire continu, enrichi par des missions ciblées, recense aujourd’hui plus de 2 700 taxons (1 985 animaux et 715 végétaux, mise à jour décembre 2024). Ce travail met en lumière la richesse biologique de l’île et l’importance de son suivi.

Suivi depuis 2011 par Capture-Marquage-Recapture, 758 individus ont été marqués, fournissant des données clés sur leur biologie et leur répartition. Mais les menaces sont lourdes : 55 morts causées par les animaux domestiques (16 %), 247 par les véhicules (73 %) et 7 par d’autres causes humaines (2 %).

Espèce la plus menacée de l’île, la couleuvre reste mal connue malgré son enjeu de conservation majeur. Son suivi associe transects, comptages ciblés et observations opportunistes, complétés par des données écologiques (reproduction, alimentation).

Cinq espèces sont recensées, avec des tendances souvent à la baisse. La fréquentation croissante des grottes et abris par le public est une cause importante de ces déclins. Un rapport a été rédigé mais n’est pas publié afin de protéger les sites sensibles.


Suivis de l'avifaune

Suivis chaque mois depuis 2011, ils montrent une chute du nombre d’individus et de la richesse spécifique. Cette tendance met en évidence la fragilité des zones humides et la nécessité de renforcer leur protection.

Rapport sur l'Évolution décennale des oiseaux d'eau à Saint-Barthélemy (Petites Antilles) 1999 à 2024

Comptés chaque année depuis 2011, leurs effectifs progressent nettement (1 122 en 2023, 1 374 en 2024) malgré un suivi réduit. Les colonies montrent une dynamique positive mais nécessitent une surveillance constante.

Etat des lieux des oiseaux marins de Saint-Barthélemy. Septembre 2026 


Suivi de la flore 

Toute l’année, les agents de l'ATE parcourent les secteurs les plus naturels de l’île — Morne de Grand-Fond, pointe de Gouverneur, ancien ranch de Flamands, Morne de Petite Saline, Grand Colombier, etc. — pour cartographier la flore de Saint-Barthélemy. Ces prospections recensent arbres, arbustes et herbacées, détectent apparitions et disparitions d'espèces, et documentent les saisons de floraison et de fructification. Nous collectons aussi des graines pour la pépinière et les projets de reproduction puis réintroduction d'espèces. Quand une espèce de la faune remarquable est rencontrée, elle est signalée et cartographiée sur Inaturalist (voir “Agir en participant au quotidien”). 

Par relevés en quadrats sur les secteurs denses, nous mesurons l’état de la population (adultes, jeunes et mortalités) de Melocactus intortus, aussi appelé « Tête à l’Anglais ». Les mesures de la mortalité quantifient l’impact de la chenille du papillon Cactoblastis cactorum et du pâturage par les cabris.

À Grand-Fond, nous combinons les prises de vue par drone (2–3 fois/an) de la végétation globale de la plage et le suivi bimestriel d’individus de Tournefortia gnaphalodes (appelé Romarin blanc bord-de-mer). L’objectif : visualiser l’évolution du tapis végétal face aux aléas météo, à l’urbanisation et à la pression de la chenille d’Utetheisa pulchella sur les Tournefortia g. Cette double approche, à la fois panoramique et au plus près des plantes, permet d’évaluer des mesures de conservation littorale à mettre en place.

Chaque année, l’Aire éducative terrestre du Fort Carl accueille de nouvelles plantations d’espèces indigènes. Les agents de l'ATE suivent finement la reprise, la croissance et à terme la phénologie (cycles des floraisons/fructifications) de chaque taxon afin de calibrer les conditions idéales de restauration (sol, exposition, arrosage, soins). Ce site implique les jeunes et le public, sensibilise et sert de laboratoire à ciel ouvert pour améliorer nos pratiques de reverdissement et de réintroduction. Les suivis individuels des espèces améliorent nos connaissances sur chacune d'entre elles.

Par ailleurs, de novembre à février — période la plus propice à leur enracinement — nous menons des plantations dans divers secteurs de l’île, grâce aux plants issus de la pépinière ou des écoles. L'objectif est de reverdir les secteurs les plus impactés et de recréer des habitats adaptés à la faune sauvage.

Depuis 2022, sont menés des essais de germination pour mieux comprendre le pouvoir germinatif, les délais de levée et les méthodes de stockage adaptées aux espèces indigènes. Certaines graines exigent un semis rapide après récolte, d’autres se conservent plusieurs années : nos protocoles distinguent ces cas et optimisent la multiplication pour l’appui aux plantations et réintroductions. Au final, ces tests transforment la connaissance fine des espèces en gestes concrets de conservation sur le terrain.

Signaler une faune en détresse / envahissante